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dimanche 31 octobre 2021

Récit d'une course inachevée.

 Tout est dit dans le tître. Je vais vous raconter ma course.... Nous voici à Nant. J'étais venu en 2014 pour le même parcours. J'avais abandonné à Trèves victime d'une allergie à une piqure de guèpe.

Voici le parcours. Une boucle de 75km et 3490m.
Le profil de la course...
4h45:
Je rejoins le sas de départ. Je vais reculer un peu, je ne compte pas partir dans les premiers. Une petite tendinite sous le mollet m'embête depuis plus d'un mois. Je n'ai pas pu faire mes sorties course à pied comme prévu. J'ai l'impression de ne pas être prêt. D'un autre coté, j'ai fait beaucoup de randos. Ca peut compenser. On verra bien...
Le départ va être donné. Katia va filmer cet instant. On a droit à un petit feu d'artifice mais il n'y a pas une folle ambiance...

Les premiers kilomètres sont sur route. Dès le départ, je n'ai pas de bonnes sensations. Je ne suis pas à l'aise, alors qu'en général j'ai un bon rythme sur le plat. Puis on va se retrouver sur des sentiers où alternent plats et bosses. Je me sens mieux. On est monté pas mal. On est maintenant dans le brouillard. Donc nuit + brouillard+ bruine, on voit pas grand chose. Surtout que ma frontale, pourtant chargée à bloc me lache avant le lever du jour. Elle ne fonctionne qu'en éclairage moyen. Je vais profiter de l'éclairage des autres concurrents même si on commence à être éparpillés.

2h de course: 16 ème km
 Le jour se lève à peine lorsque j'arrive au premier ravitaillement de Sauclières.
Je ne m'y arrête pas, je n'ai besoin de rien pour le moment.
Je continue dans les ruelles du village.
Le jour s'est bien levé maintenant. Mais je commence à sentir une gêne là où j'ai la tendinite. Il faut que je fasse attention comment je pose le pied. Ca m'inquiète un peu....
2h45 de course: 22 ème km
J'arrive à St Jean du Bruel où m'attend Katia. Je lui confis mes soucis de frontale, de tendinite. Un (déjà) début de fatigue....
Elle va m'accompagner un petit peu dans la montée suivante. 
Ca fait du bien de discuter un peu. 
Toujours motivé, bien évidemment pour aller au bout !! 💪
On est sur la longue crête qui traverse la forêt de la croix de la Guérite. Là, on va déguster. En plus du brouillard qu'on retrouve, va se rajouter un vent très violent.
Aucun paysage à voir, on se fait bousculer par de fortes rafales.
Un peu plus loin va se rajouter la pluie. 
On avance comme on peut, tous calfeutrés dans nos capuches.
Quand on quitte pour quelques instants la crête, c'est pour monter quelques raidillons en forêt.
Pas de visibilité. Point positif, ma tendinite se fait plus discrète.
Quelques belles flaques sur une piste bien noyée. Celle ci, on pourra l'éviter en passant à droite dans le Genêts. Pour d'autres, il faudra mettre les pieds dedans. 
J'ai pu filmer un peu pour montrer le vent qui soufflait. Bien évidemment, ça ne rend pas autant qu'en réel.
Je trouve la montée très longue. On doit atteindre le point le plus haut, le St Guiral. C'est tellement long que je me demande si je ne l'ai pas passé sans faire attention.
Puis d'un coup on quitte la forêt pour monter tout droit au milieu de roches éparpillées.
Je me souviens de ce passage. Donc on arrive au St Guiral.
5h10 de course: 36 ème km
Voici le Saint Guiral. (1366m). On ne monte pas au sommet, on passe au pied. On attaque aussitôt la descente.
Heureusement que les belles couleurs d'automne amènent un peu de gaité dans cette grisaille lassante.
Là, on n'a pas d'autres choix que de mettre les pieds dans l'eau. Elle est fraîche ! 

Obligé d'être vigilant dans la descente rendue glissante avec ce mélange de roches et de feuilles bien trempées.

A Ressançon, on va couper à plusieurs reprises une petite route. Mes cuisses commencent à devenir douloureuses.
Alors que cette petite route file vers Dourbies, le tracé de la course nous fait virer à droite.
Et on se retrouve au pied d'un joli mur. 
Pas très long mais raide. Je vais le passer sans trop de soucis.
Ensuite le chemin va descendre gentiment. Je sais que bientôt va arriver le gros ravito. Je l'attends avec impatience pour reprendre quelques forces.
C'est un bel endroit mais ce satané brouillard est toujours là. Pour le moral, de rien voir, c'est pas terrible. Je cours pour la performance physique mais aussi pour me régaler des paysages traversés. Aujourd'hui, peu de régalade hélas...
Une petite bosse à gravir juste avant de plonger vers Dourbies.
La longue passerelle nous permet de traverser la Dourbie bien gonflée par la pluie des dernières heures.
L'entrée dans Dourbies.
Katia est là pour m'encourager. Il y a un peu de monde, ça fait plaisir.
On remonte les ruelles du village jusqu'au point de ravitaillement.
Je commence à avoir les jambes lourdes. J'ai un peu mal par ci, puis par là. Des douleurs qui viennent, qui repartent... Décidément, je ne suis pas dans un grand jour. Mais toujours motivé pour aller au bout même si je vais mettre mes prétentions à la baisse. Je voulais mettre aux alentours de 12h. Je pense que je peux rajouter 1h de plus.
Là c'est d'un bon pas que je file vers la salle de ravitaillement. Katia n'ayant pas le droit d'y rentrer, j'y vais seul.
J'ai refais le plein de ma poche à eau. Je me suis bien restauré. Coca, fromage, jambon, saucisson, pâté, Roquefort... Tout ce que j'aime. J'espère que tout ça va me mettre un petit coup de boost car j'en ai vraiment besoin.
Je donne rendez vous à Katia à Trèves qui se trouve à une dizaine de kilomètres. Les quatre premiers kilomètres sont quasiment plats. Je vais courir pratiquement tout le temps mais c'est un petit rythme. J'ai mal aux adducteurs à chaque lever de jambes. Quand ça veut pas...
Je vais rester avec ce concurrent pendant toute cette partie roulante. Un coup il est devant, un coup c'est moi qui le passe. On va échanger quelques mots. Lui aussi est déçu de ne pas avoir pu profiter des beaux paysages Aveyronnais. Même si Dourbies et Trèves sont dans le Gard. 

On va quand même profiter d'une petite éclaircie pour apercevoir de jolies falaises sur notre gauche. C'est quand même plus sympa quand il y a de la visibilité ! 
Mais après avoir traversé une route, on va grimper sec et retrouver un peu le brouillard. Il ne m'avait pas manqué ! 😉
Etant moins haut, il ne nous gênera pas longtemps. Que les couleurs automnales sont belles ! 

7h20 de course: 49 ème kilomètre. 
J'arrive en bord de falaise. Il vaut mieux ne pas passer par dessus le filet. La chute serait longue et fatale.
De ce point de vue, on peut voir 400m plus bas le village de Trèves où se trouve le prochain ravitaillement.
Le problème c'est qu'il faut faire un long détour pour éviter la falaise et retrouver Trèves.
On vit bien ci dessous, la biscouette qu'on doit faire.
Et c'est là que tout va basculer. D'un coup, je n'arrive plus à avancer. 
Je trouve cette descente très longue. J'ai mal partout des pieds jusqu'en bas du dos. Chaque pas est douloureux.
Une corde est installée pour permettre de descendre en sécurité. C'est raide et très glissant. Cette corde n'est pas superflue.
Arrivé tout en bas, je ne cours plus. J'ai trop mal, j'ai le moral dans les chaussettes. Tout en avançant, je cogite. J'arrête ou pas? Je pèse le pour et le contre. Il reste à peu encore 23 km. C'est pas beaucoup et c'est beaucoup à la fois. Quand les douleurs sont là et que le moral et l'envie n'y sont plus, ça peut être très long. Est ce que je continue alors que je n'ai aucun plaisir? Est ce que je continue avec le risque de me blesser à cause de la fatigue. Lorsque j'aperçois Trèves, j'envoie un sms à Katia pour la prévenir de ma décision d'arrêter.
Elle va venir à ma rencontre.
On voit bien à ma tête que ça ne va pas. En plus de la fatigue et des douleurs, il y a la déception. Et elle est grande ! 
8h10 de course; 53 ème kilomètre.
Je vais finir en marchant doucement vers le point de ravitaillement. Je ne profite même pas de ce beau petit village qui devient maudit pour moi. Deux fois que j'abandonne au même endroit.
Je vais filer seul vers la salle de ravitaillement.
En me voyant passer, un des bénévoles qui a compris que j'arrêtais, va m'accompagner à l'intérieur. Il aura la gentillesse de me demander comment je me sens, si j'ai besoin de quelque chose. Je n'ai plus besoin de rien. Juste d'arrêter de bouger pour ne plus avoir mal. Je vais grignoter juste un petit bout de fromage. Je n'ai pas faim....
Dossard 385; ABANDON... Voilà ce qu'on pourra lire sur le classement.
Ma déception est grande. Mais d'un coté je le sentais avant même de prendre le départ. Je sentais que je n'avais pas préparé cette épreuve comme j'aurai du. Et puis c'était certainement un jour sans. Ca arrive. Je reviendrai sur les trails, c'est certain. Mais je pense que pour les Hospitaliers, ça en est fini pour moi. J'avais déjà fait cette course à l'époque des Templiers. J'avais été au bout. Je voulais la refaire mais je pense qu'il ne faut pas insister.
C'est dans la joie et la bonne humeur😉 qu'on va déguster le repas offert par l'organisation. Un repas excellent !!! Est ce que vous lisez sur mon visage, la fatigue et la déception? Je ne sais pas encore quelle sera ma prochaine compétition mais je ferai en sorte d'être au top le jour J ! 😉



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